Lettre n° 19 - juin, juill., août 2026
Editorial
Les premiers mois de l’année 2026 ont été marqués par un afflux impressionnant de plaintes envers des confrères dont certaines pourraient être considérées comme fantaisistes… Malgré tout je veux rappeler ici que nous avons l’obligation de traiter toutes les plaintes de la même manière y compris celles qui émanent de patients atteints de maladies psychiatriques. Dans les cas où la situation ne nous semble pas claire, nous demandons au plaignant de confirmer qu’il s’agit bien d’une plainte plutôt que d’un signalement (ou doléance), la différence n’étant la plupart du temps pas connue du public. La plainte oblige en effet à organiser une réunion de conciliation entre les parties et si la conciliation n’est pas obtenue (ou si l’une des deux parties est absente) à porter l’affaire devant la chambre disciplinaire de première instance alors que dans le cas d’un signalement, des explications sont demandées au médecin et transmises à l’auteur du signalement.
Nous avons également un certain nombre de demandes de conciliations pour des différends entre confrères que nous traitons alors dans le cadre le l’article 56 du code de déontologie. Dans les commentaires de l’article 56, il est rappelé que « le corps médical doit vivre dans la confraternité. Il est uni par un état d’esprit commun, celui d’une profession de responsabilité et d’action, par une formation intellectuelle particulière alliant science et humanisme.
Les médecins doivent donc se connaître et travailler ensemble. Cette confraternité doit se traduire par des attitudes et des comportements clairs vis-à-vis des patients. Lorsqu’un médecin croit découvrir une erreur commise par un confrère, la meilleure conduite consiste à entrer en rapport avec lui. Le patient ne doit jamais être ni l’objet ni même le témoin d’affrontements entre praticiens qui se disent confrères ». Dans les cas délicats des violences sexuelles vis-à-vis de patients, la confraternité ne doit pas être une excuse pour couvrir les attitudes répréhensibles de nos confrères impliqués. Notre société ne peut pas l’admettre. Enfin, il faut rappeler que les règles de confraternité s’appliquent aussi lorsque les médecins deviennent des patients et que l’attention qu’on leur doit, comme à tous les autres patients, ne peut faire fi de leur expérience ni de la manière dont ils vivent leur propre maladie.
L’été est là avec tous les excès climatiques que nous subissons déjà. Le Conseil remercie tous les médecins des efforts fournis pour assurer la permanence des soins et leur renouvelle sa confiance.
Dr Muriel RAINFRAY,
Présidente
Publiée le 30 juin 2026